« Comme une impression de mourir, ou quelque chose du genre. Par terre, recroquevillée sur le pauvre corps juste bon à rien à vrai dire, les yeux rouge comme s'ils avaient trop pleurés, et ce goût de sang dans la bouche, mêlée à cette envie de vomir qui bouffait l'esprit, toute les pensées et qui secouait le corps de longs sanglots sans bruits et sans larmes. Les crises sont toujours trop longues, toujours comme une sorte de descente aux enfers, tout devient noir, la terre danse devant les yeux, et les muscles ne répondent plus de rien. Plus aucune forces ni envies. Oui, ça devait ressembler à ça la mort. C'est à chaque fois comme flotter au dessus du corps prostré, partager toutes ses douleurs invisibles et à la fois s'en éloigner, ne plus rien ressentir de bon ou de mauvais. Et toujours, à la fin, s'endormir, avec un drôle de vide au font du ventre, sans plus ressentir de sentiments. Juste cette impression de vide, d'ÊTRE le vie, de l'avoir en dedans de soit, dans le ventre, les bras, les doigts immobiles, dans chaque cellule, le sentir venir se loger dans chaque recoin de ce corps immobile. A la fois spectateur et acteur douloureux. Comme un dédoublement et une fusion à la fois. Et lorsqu'au réveil, on doit faire semblant de sourire, d'aller bien, d'avoir envie, ne jamais pouvoir oublier, qu'à chaque fois, il y aura la douleur du vide et de la peur qui vous ficèle le corps. »
Parfois. Souvent.